Beyrouth, le combat pour la restauration des monuments après l'explosion

Mars 2023

 

Théophile Schiltz, Vianney Challier, Rafael Pascoal du Lycée Technique du Centre, 3I-Fr-AF1

 

Le 4 août 2020 aux alentours de 18 heures, Beyrouth fût victime d’une des plus grandes doubles explosions de l’histoire. Les 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium qui étaient stockées dans le hangar 12 du port de la ville, sont rentrées en contact avec un incendie ce qui a causé leur ignition.

 

Aujourd’hui encore, on ignore ce qui a causé cet incendie, mais ces conséquences, elles sont bien connues. L’une d’entre elles est la destruction partielle du patrimoine architectural et artistique Libanais. En effet, le Liban est un condensé de diversités, le pays a une population à un tiers de foi chrétienne, à un tiers musulman de branche chiite et un autre de branche sunnite. Cette diversité s’explique en grande partie par son histoire, car le territoire du Liban a d’abord été occupé par les phéniciens et a ensuite été incorporé à l’empire romain au 1er siècle avant J.C. Pendant le moyen-âge, le Liban a été la destination de nombreuses croisades, qui ont amené le christianisme sur le territoire. Au VIIIème siècle des bédouins venant d’Arabie ont converti une partie de la population à l’Islam et en 1516, après sa victoire contre les Mamelouks, l’Empire Ottoman annexa ce qu’il appelait la grande Syrie, dont faisait partie le Liban. Le territoire restera sous gouvernance ottomane jusqu’à la fin de la première guerre mondiale lorsqu’il passa sous mandat français jusqu’à son indépendance en 1943. Les différents peuples et civilisations qui ont occupé le territoire du pays lui ont tous en partie, léguer un héritage architectural et artistique riche, gardé en partie à Beyrouth.

 

Or, la catastrophe de Beyrouth a emporté avec elle une partie de ce patrimoine. Elle a très fortement endommagé le centre-ville de Beyrouth, qui abrite un grand nombre de bâtiments historiques, comme la Cathédrale Saint-Georges abîmée elle aussi par l’explosion. Ainsi que l’emblématique quartier d’Achrafieh qui était un des rares à encore être rempli de maisons traditionnelles libanaises, ornées de tuiles rouges et de triples fenêtres arches perçant les façades. L’une d’entre-elles est le célèbre Palais Sursock qui arpente le quartier à 800 mètres de hauteur et qui lors de l’explosion a vu l’intégralité de sa façade nord déplacée. Le palais abritait un Musée qui conservait des tapisseries, des statues et des tableaux, parmi lesquels se trouvaient des œuvres de la célèbre peintre italienne de l'époque baroque, Gentileschi qui était connue pour son style caravagiste. « Malheureusement, la majorité d'entre elles n'ont pas été épargnées par les débris de l'explosion » déplore Didier Goossens Co-Fondateur de l'organisation RestART Beirut. Il en va de même pour le Musée National de Beyrouth, qui a vu une partie de son bâtiment détruit par l'explosion, mais qui par chance s'est gracieusement fait aider par le musée du Louvre. En effet, celui-ci contribue en partenariat avec ALIPH (Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit) avec un soutien financier à hauteur de 20.000$.

 

« Après l'explosion, la sauvegarde des monuments n'est pas une priorité » dit Didier Goossens.

 

Tout espoir n'est pas perdu, car des organisations telles que RestART Beirut, qui a été créée à la suite de l'explosion et qui d'après son co-fondateur affiche pour objectif l'organisation d'une « campagne de collecte de fonds afin de mettre en œuvre une collaboration académique permettant de former des gens compétents dans le domaine de la restauration du patrimoine culturel ». Son association a par exemple fait venir pendant cinq semaines, cinq professionnels suisses qui ont formé des étudiants libanais sur place afin de leur transmettre les connaissances requises.

 

Ce n'est pas la première fois que le peuple libanais est frappé de plein fouet par une telle catastrophe et il a su montrer sa ténacité par le passé. La crise qui tourmente le pays actuellement ne va sûrement pas faire exception et il est à espérer que le pays se relève.


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