Journée mondiale de l'aide humanitaire

Au cœur des crises, celles et ceux qui continuent d’aider

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le 19 août, CARE rend hommage aux femmes et aux hommes qui poursuivent leur travail dans les contextes de crise. Au Liban, les équipes humanitaires répondent aux besoins de populations déplacées tout en étant elles-mêmes confrontées aux conséquences du conflit. À travers les témoignages de Hiba et Eliane, deux responsables de CARE, trois réalités se dessinent : l’urgence d’aider, la nécessité de protéger les femmes et les défis auxquels sont confrontés les humanitaires.


Répondre aux besoins essentiels, même en pleine crise

 

À Beyrouth, Eliane, responsable Genre et Protection chez CARE, supervise une distribution de kits de dignité destinés à des personnes déplacées. Ces kits contiennent notamment des protections menstruelles, des produits d’hygiène, des serviettes, des lampes et des sifflets.

En situation d’urgence, les besoins en nourriture, eau et abris sont souvent prioritaires. Pourtant, l’accès aux produits d’hygiène essentiels reste indispensable, en particulier pour les femmes et les filles.

« Ce conflit a déplacé de nombreuses femmes qui n’ont même pas eu le temps de préparer un sac. (...) Ces produits essentiels sont souvent oubliés, ce qui peut avoir de graves conséquences sur leur santé. »

Ce jour-là, 500 personnes déplacées doivent recevoir un kit. Certaines vivent désormais dans des logements trop chers ou surpeuplés, dans leur voiture ou dans des abris informels.

La distribution comprend également une session d’information sur les violences basées sur le genre et les services disponibles pour les personnes qui ont besoin d’aide.

Eliane, responsable Genre et Protection de CARE au Liban, lors d’une distribution de kits de dignité à Beyrouth en juillet 2026. 

Copyright : CARE/Sarah Easter


Pour Hiba, responsable Genre et Protection chez CARE Liban, protéger les femmes et les filles, c’est défendre leurs droits, leur sécurité et leur capacité à décider de leur avenir. 

Copyright : CARE/Sarah Easter

Les femmes et les filles au cœur de la réponse humanitaire

 

Les conflits ont des conséquences particulières pour les femmes et les filles : déplacements forcés, risques accrus de violences, difficultés d’accès aux services essentiels ou perte de revenus. Répondre à leurs besoins implique donc de prendre en compte leur sécurité, leur santé et leurs droits.

Pour CARE, cette approche ne consiste pas uniquement à apporter une aide matérielle. Elle vise également à renforcer la protection des femmes et des filles, leur accès aux services et leur capacité à faire entendre leur voix et à participer aux décisions qui concernent leur vie.

Hiba, responsable Genre et Protection chez CARE et elle-même déplacée par le conflit, accompagne au quotidien des familles confrontées à ces réalités.

« Nous avons travaillé si dur pour construire nos vies, et personne n’a le droit de nous les enlever. »

Son expérience rappelle que les femmes sont à la fois particulièrement exposées aux conséquences des crises et essentielles à la vie de leurs familles et de leurs communautés.

Quand les humanitaires vivent eux-mêmes la crise

 

Au Liban, le travail humanitaire se poursuit dans un contexte d’insécurité permanente. Les équipes évaluent constamment les risques et doivent être prêtes à interrompre une activité pour mettre leurs collègues et les populations en sécurité.

Hiba travaille dans le secteur humanitaire depuis treize ans, dont deux avec CARE. Depuis l’escalade du conflit, elle accompagne les familles déplacées et contribue à la réponse d’urgence. Mais Hiba est également directement touchée par la crise. Originaire de Nabatieh, dans le sud du Liban, elle a vu sa famille fuir sa maison pour rejoindre son foyer à Beyrouth. Lorsque les violences se sont intensifiées, elle a elle-même dû partir avec son bébé dans les bras.

« Je ne savais pas où aller. J’avais mon bébé dans les bras et il y avait de la fumée partout. »

Le lendemain, elle est retournée travailler.

Hiba connaît les sons des bombardements depuis son enfance. Aujourd’hui, elle tente de protéger ses deux jeunes enfants de cette réalité. Lorsque les bombes tombent, son fils de trois ans lui dit : « Maman, c’est le tonnerre. »

« Il est trop petit pour comprendre la guerre. »

Pour Hiba, continuer à travailler auprès des familles déplacées est aussi une manière de faire face à sa propre expérience.

« Être capable d’aider les autres enlève la culpabilité d’être en sécurité. Alors je fais ce que je peux pour aider ceux qui ne le sont pas. »

Eliane, elle aussi responsable Genre et Protection chez CARE, décrit le bruit continu des drones et des avions de chasse qui accompagne désormais son quotidien.

« La guerre ne vous quitte jamais vraiment. »

Lors d’une journée particulièrement intense, plus de 100 bombardements ont frappé Beyrouth en quelques minutes. Depuis, elle sait que la situation peut changer à tout moment, y compris pendant une distribution.

Les humanitaires sont eux-mêmes concernés par ces risques. Certains ont été déplacés ou s’inquiètent pour leurs proches, tout en continuant à accompagner les populations affectées. Pour Eliane, le soutien entre collègues est essentiel.

« Nous prenons soin les uns des autres. (...) Avec eux, je peux affronter ces défis et ces difficultés. »

Elle poursuit pourtant son travail, comme ses collègues, parce que les besoins restent là.


Protéger celles et ceux qui aident dans toutes les crises humanitaires

 

Les témoignages de Hiba et Eliane rappellent que l’aide humanitaire ne s’arrête pas lorsque les crises deviennent plus difficiles. Elle doit au contraire pouvoir se poursuivre dans des conditions sûres, pour les équipes comme pour les populations qu’elles accompagnent. Au Liban comme dans de nombreuses autres crises à travers le monde, les humanitaires continuent d’intervenir alors qu’ils sont parfois eux-mêmes directement touchés par les événements.

 

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, CARE appelle à garantir la sécurité et la protection des travailleurs humanitaires, à maintenir les financements nécessaires face à des besoins croissants et à garantir les droits et la protection des femmes et des filles dans les situations de crise.

 

Derrière chaque distribution, chaque accompagnement et chaque intervention, il y a des femmes et des hommes qui continuent d’agir dans des conditions difficiles. Leur travail permet aux personnes touchées par les crises d’accéder à une aide essentielle, à des services, à une protection et à leurs droits.

Au Liban, les équipes de CARE poursuivent leurs opérations auprès des populations touchées par la crise, malgré des conditions d’intervention difficiles. Copyright @CARE/Sarah Easter