Nous sommes profondément alarmés par la forte escalade du conflit au Moyen-Orient. Cette situation menace la vie et le bien‑être de millions de personnes. D’innombrables communautés sont frappées par le traumatisme et la peur de ce qui pourrait arriver ensuite.
Dans toute la région, des populations déjà en difficulté pour survivre font face à des déplacements répétés, à des pertes et à d’autres effets en cascade de la violence. Les femmes et les filles sont particulièrement exposées. Dans de nombreux pays, nos collègues et partenaires de CARE se mobilisent pour répondre aux besoins, tout en travaillant dans des conditions extrêmement difficiles.
Au Liban, où notre directeur s’est rendu il y a tout juste un mois, de nouvelles frappes aériennes ont forcé des familles à fuir. Nous y soutenons des organisations libanaises qui fournissent des biens essentiels aux personnes déplacées. À Gaza, l’aide a été brutalement interrompue au début du regain de conflit, coupant l’accès à la nourriture, à l’eau potable, au carburant et aux fournitures médicales. Depuis, elle n’a repris qu’en quantités très limitées, malgré des besoins immenses.
Bien que CARE n’ait pas d’opérations en Iran, nos équipes en Irak, en Jordanie, au Liban, en Palestine, en Syrie et en Turquie, soutenues par CARE Luxembourg, se préparent à de nouveaux déplacements, y compris d’éventuels flux de réfugiés et une augmentation du nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays. Cela inclut une coordination avec des partenaires locaux pour prépositionner des fournitures et garantir que l’aide en espèces, la nourriture, l’eau, les abris et d’autres services puissent être fournis rapidement selon les besoins.
Nous appelons les parties au conflit, ainsi que ceux qui ont une influence, à déployer tous les efforts diplomatiques possibles pour obtenir un cessez‑le‑feu immédiat dans toute la région. Tant que les hostilités se poursuivent, il est essentiel que toutes les parties protègent les civils conformément à leurs obligations en vertu du droit international. La sécurité des travailleurs humanitaires doit être garantie, et un accès humanitaire complet, rapide, sûr et durable, en particulier vers Gaza et la Cisjordanie, doit être assuré. Nous restons déterminés à travailler aux côtés de nos partenaires pour fournir une aide vitale, impartiale et indispensable aux communautés qui en ont désespérément besoin.
Mis à jour le 17 mars
Les hostilités se poursuivent dans plusieurs régions du Liban, y compris dans la banlieue sud de Beyrouth, où l’intensification des frappes aériennes et les nouveaux ordres d’évacuation ont provoqué une crise humanitaire majeure.
Les mouvements de population s’accélèrent dans des conditions extrêmement précaires, exposant les civils, en particulier les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, à des risques sans précédent. De nombreuses familles sont contraintes de dormir dans leurs véhicules ou dans des espaces publics faute d’abris sûrs disponibles.
Le ministère de la Santé publique rapporte qu’au moins 886 personnes ont été tuées et 2 141 blessées depuis le début de l’escalade.
La cellule nationale de gestion des risques de catastrophe indique que 132 742 personnes sont actuellement hébergées dans 622 abris collectifs, dont la majorité ont atteint leur capacité d’accueil maximale. Dans des abris surpeuplés et des hébergements temporaires, le manque d’intimité, d’éclairage ainsi que l’absence de toilettes et de douches sécurisées augmentent les risques de violences.
En moins de quelques jours, 1 049 328 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, un chiffre qui témoigne de l’ampleur de la crise.
Sur le terrain, les équipes humanitaires témoignent de conditions de vie alarmantes.
Mabelle Bitar, HR Senior Manager, décrit une situation d’une extrême dureté :
« Aujourd’hui, nous avons vu des familles dormir sur le trottoir, avec pour seul matelas le béton. Pas de couverture, pas d’oreiller, aucune protection. Une mère a brûlé des déchets dans la rue pour tenter de garder ses enfants au chaud pendant la nuit. Personne ne devrait avoir à survivre ainsi. »
Les femmes enceintes et les jeunes mères sont particulièrement exposées, faute d’accès garanti aux soins maternels et aux conditions d’accouchement sûres.
Nour Kassab, Gender and Protection Coordinator pour CARE International au Liban, rapporte une scène bouleversante observée lors d’une distribution :
« Aujourd’hui, j’ai vu quelque chose qui restera gravé en moi longtemps. Une femme ayant accouché par césarienne il y a seulement quatre jours était allongée sur le trottoir à Ain El Mraiseh avec son nouveau né. Elle devrait se reposer, récupérer et prendre soin de son enfant dans un endroit sûr, mais elle dort sur le pavé. Elle nous a dit qu’elle souffrait encore et ne pouvait pas soigner correctement ses plaies. Voir une mère qui vient d’accoucher tenter de protéger son bébé de quatre jours alors qu’elle vit dans la rue est déchirant. Aucune femme ne devrait affronter de telles conditions à un moment aussi vulnérable de sa vie. »
L’accès humanitaire demeure fortement restreint, en particulier dans les zones du Sud, en raison des opérations militaires en cours. Les ruptures dans les services essentiels, notamment les soins de santé, l’accès à l’eau, l’hygiène et la protection, aggravent encore la vulnérabilité des populations déplacées.
Pour Cyril Bassil, de CARE International au Liban : « Chaque frappe aérienne n’est pas seulement un nouveau danger : elle ravive aussi les traumatismes des conflits passés, notamment les guerres précédentes et l’explosion de Beyrouth. Même des déclencheurs mineurs, comme une porte qui claque, font sursauter les gens de peur et les replongent dans des souvenirs de violence et de pertes. L’impact psychologique s’aggrave rapidement, en particulier chez les enfants, les personnes âgées et celles déjà vulnérables. [...] Le coût humain, à la fois physique et psychologique, est immense. Avec mes collègues de CARE, nous sommes témoins de cette crise au quotidien. Les attaques ont laissé de profondes cicatrices émotionnelles et physiques et, sans un soutien humanitaire urgent, la souffrance des communautés libanaises ne fera que s’intensifier dans les jours et les semaines à venir."
Réponse de CARE
CARE et ses six organisations partenaires locales mobilisent actuellement une réponse humanitaire pour venir en aide aux populations déplacées. L’intervention se concentre sur la distribution de nourriture, d’eau, de kits d’hygiène et d’autres articles essentiels aux personnes vivant dans des abris temporaires. Soutenez nos équipes au Liban en vous rendant sur www.care.lu
Depuis le début de la réponse le 2 mars, CARE a fourni :
- 18 300 repas chauds,
- 41 688 litres d’eau potable
- 987 serviettes d’hygiène menstruelle
CARE a apporté de l’aide dans 77 abris collectifs, ainsi qu’aux populations déplacées vivant en dehors des abris collectifs, ce qui équivaut à avoir soutenu 3 723 ménages, atteignant 16 304 bénéficiaires uniques.
Appel de CARE
CARE appelle toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, notamment l’obligation de protéger les civils et les travailleurs humanitaires, et de permettre un accès humanitaire complet, sûr, immédiat et sans entrave aux populations affectées.
Pour plus d’information ou demande d’interview : contactez-nous au 26 20 30 61, ou par mail : Thomas Kauffmann, kauffmann@care.lu