Conflit au Moyen-Orient : des millions de personnes en danger


Le Liban gravement touché

Mis à jour le 29 avril 

Les hostilités se poursuivent dans plusieurs régions du Liban, y compris dans la banlieue sud de Beyrouth, où l’intensification des frappes aériennes et les nouveaux ordres d’évacuation ont provoqué une crise humanitaire majeure. 

Les mouvements de population s’accélèrent dans des conditions extrêmement précaires, exposant les civils, en particulier les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, à des risques sans précédent. De nombreuses familles sont contraintes de dormir dans leurs véhicules ou dans des espaces publics faute d’abris sûrs disponibles.


Le ministère de la Santé publique rapporte qu’au moins 2 500 personnes ont été tuées et 7 800 blessées depuis le début de l’escalade.

La cellule nationale de gestion des risques de catastrophe indique que 114 000 personnes sont actuellement hébergées dans 616 abris collectifs, dont la majorité ont atteint leur capacité d’accueil maximale. Dans des abris surpeuplés et des hébergements temporaires, le manque d’intimité, d’éclairage ainsi que l’absence de toilettes et de douches sécurisées augmentent les risques de violences.

Depuis le 27 février, plus de 1 200 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, et ne peuvent toujours pas retourner chez elles. 
Sur le terrain, les équipes humanitaires témoignent de conditions de vie alarmantes.


Mabelle Bitar, HR Senior Manager, décrit une situation d’une extrême dureté :
« Aujourd’hui, nous avons vu des familles dormir sur le trottoir, avec pour seul matelas le béton. Pas de couverture, pas d’oreiller, aucune protection. Une mère a brûlé des déchets dans la rue pour tenter de garder ses enfants au chaud pendant la nuit. Personne ne devrait avoir à survivre ainsi. »

Les femmes enceintes et les jeunes mères sont particulièrement exposées, faute d’accès garanti aux soins maternels et aux conditions d’accouchement sûres.
Nour Kassab, Gender and Protection Coordinator pour CARE International au Liban, rapporte une scène bouleversante observée lors d’une distribution :
« Aujourd’hui, j’ai vu quelque chose qui restera gravé en moi longtemps. Une femme ayant accouché par césarienne il y a seulement quatre jours était allongée sur le trottoir à Ain El Mraiseh avec son nouveau né. Elle devrait se reposer, récupérer et prendre soin de son enfant dans un endroit sûr, mais elle dort sur le pavé. Elle nous a dit qu’elle souffrait encore et ne pouvait pas soigner correctement ses plaies. Voir une mère qui vient d’accoucher tenter de protéger son bébé de quatre jours alors qu’elle vit dans la rue est déchirant. Aucune femme ne devrait affronter de telles conditions à un moment aussi vulnérable de sa vie. »
 

L’accès humanitaire demeure fortement restreint, en particulier dans les zones du Sud, en raison des opérations militaires en cours. Les ruptures dans les services essentiels, notamment les soins de santé, l’accès à l’eau, l’hygiène et la protection, aggravent encore la vulnérabilité des populations déplacées.


Pour Cyril Bassil, de CARE International au Liban : « Chaque frappe aérienne n’est pas seulement un nouveau danger : elle ravive aussi les traumatismes des conflits passés, notamment les guerres précédentes et l’explosion de Beyrouth. Même des déclencheurs mineurs, comme une porte qui claque, font sursauter les gens de peur et les replongent dans des souvenirs de violence et de pertes. L’impact psychologique s’aggrave rapidement, en particulier chez les enfants, les personnes âgées et celles déjà vulnérables. [...] Le coût humain, à la fois physique et psychologique, est immense. Avec mes collègues de CARE, nous sommes témoins de cette crise au quotidien. Les attaques ont laissé de profondes cicatrices émotionnelles et physiques et, sans un soutien humanitaire urgent, la souffrance des communautés libanaises ne fera que s’intensifier dans les jours et les semaines à venir."

Réponse de CARE
CARE et ses six organisations partenaires locales mobilisent actuellement une réponse humanitaire pour venir en aide aux populations déplacées. L’intervention se concentre sur la distribution de nourriture, d’eau, de kits d’hygiène et d’autres articles essentiels aux personnes vivant dans des abris temporaires. Soutenez nos équipes au Liban en vous rendant sur www.care.lu 

Depuis le début de la réponse le 2 mars, CARE a fourni : 
-    42 500 repas chauds, 
-    51 000 litres d’eau potable  
-    2 500 kits de dignité 
CARE a apporté de l’aide dans 215 abris collectifs, ainsi qu’aux populations déplacées vivant en dehors des abris collectifs, ce qui équivaut à avoir soutenu presque 12 000 ménages, atteignant 48 000 bénéficiaires uniques.


Appel de CARE
CARE appelle toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, notamment l’obligation de protéger les civils et les travailleurs humanitaires, et de permettre un accès humanitaire complet, sûr, immédiat et sans entrave aux populations affectées. 

  • Cesser immédiatement les attaques contre les civils et les infrastructures civiles, et garantir la protection des civils et des infrastructures essentielles, notamment les hôpitaux, les systèmes d’eau, les abris et les écoles.
  • Garantir un accès humanitaire complet, sûr, rapide, sans entrave et durable dans toutes les zones touchées.
  • Prendre des mesures immédiates et concrètes pour désamorcer les tensions et parvenir à une cessation des hostilités menant à un cessez-le-feu durable et significatif.
  • Inclure les organisations de femmes locales (WLOs) et les femmes touchées par la crise dans tout processus de médiation, de résolution des conflits et de consolidation de la paix.


Pour plus d’information ou demande d’interview : contactez-nous au 26 20 30 61, ou par mail : Thomas Kauffmann, kauffmann@care.lu  

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