
Luxembourg, le 28 janvier 2026. Le dixième rapport de CARE sur les crises, publié aujourd’hui, analyse la couverture médiatique mondiale en ligne des crises humanitaires et révèle que, avec seulement 1 532 articles en ligne l’année dernière, la République centrafricaine est la crise humanitaire la plus négligée de 2025. Le conflit prolongé y a laissé plus de 2,4 millions de personnes dans le besoin. Une personne sur cinq est déplacée. L’année 2025 marque un triste record pour la République centrafricaine : cette crise humanitaire apparaît dans chaque édition du rapport de CARE sur les crises depuis son lancement en 2016.
« Alors que les catastrophes et les conflits armés se multiplient, les crises humanitaires se disputent de plus en plus l’attention du public et, par conséquent, les financements indispensables », déclare Andrea Barschdorf-Hager, directrice générale de CARE Autriche. « Depuis dix ans, le rapport de CARE sur les crises met en lumière les crises humanitaires les plus menacées d’oubli. La visibilité est, en fin de compte, une question de dignité humaine et de survie : sans sensibilisation du public, les crises complexes sont moins comprises et trop rarement prioritaires pour les décideurs, même si les personnes touchées restent dans un besoin désespéré. »
La Namibie, en Afrique australe, arrive en deuxième position des crises les moins médiatisées, avec 1,3 million de personnes souffrant d’insécurité alimentaire. La Zambie occupe la troisième place, où 5,5 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire. Bien que le Honduras et la Corée du Nord figurent également dans le rapport, huit des dix crises les plus négligées se situent une fois de plus en Afrique. Un facteur clé : le changement climatique agit comme un puissant accélérateur de crises, provoquant des phénomènes météorologiques plus fréquents et plus violents, des pertes de récoltes et une pression croissante sur les ressources en eau et en nourriture.
C’est également le cas au Zimbabwe, où la sécheresse menace la sécurité alimentaire de millions de personnes, en particulier dans les zones rurales. « Il était déchirant de constater que la gravité de la sécheresse provoquée par El Niño en 2023/24, qui a touché des millions de personnes au Zimbabwe, ait été si largement ignorée par les médias. Les communautés ont eu du mal à accéder à l’eau potable et à une alimentation suffisante. Le manque d’attention internationale n’aide en rien les familles qui espèrent un soutien urgent », explique Charlene Pellsah Ambali, directrice adjointe de CARE au Zimbabwe. « Le monde doit réagir et prêter attention à de telles catastrophes. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous pourrons faire pression suffisamment pour ensuite soutenir les communautés rapidement et de manière adéquate. »
L’Union européenne souligne également l’importance de mettre en lumière les crises oubliées et de renforcer l’aide humanitaire là où l’attention fait défaut.
« Les crises oubliées sont souvent complexes et prolongées, elles ne se prêtent pas à des solutions rapides ni à des explications simples. Elles ne constituent pas un bon sujet pour les journaux télévisés ou un post rapide sur les réseaux sociaux. Oubliées par les médias, et souvent par les donateurs, elles représentent une réalité brutale. Ces crises ne sont pas “oubliées” par celles et ceux qui en souffrent dans l’ombre. L’UE, en tant que donateur fiable et fondé sur des principes, s’efforce de veiller à ce qu’aucune crise, aucune population vulnérable ne soit laissée pour compte. Nous consacrons au minimum 15 % de notre budget annuel d’aide humanitaire précisément à ces crises, grâce à un processus d’évaluation rigoureux garantissant que l’aide parvienne là où elle est le plus nécessaire. Cela est d’autant plus crucial aujourd’hui, dans un contexte de coupes sans précédent dans les budgets d’aide humanitaire. Le rapport annuel de CARE sur les crises oubliées rappelle durement cette réalité et constitue un outil précieux pour s’assurer qu’un peu de lumière soit projetée sur ces zones d’ombre », déclare Hans Das, directeur général adjoint et directeur des opérations pour la protection civile et l’aide humanitaire à la Commission européenne (DG ECHO).
1. République centrafricaine – Une personne sur cinq est déplacée.
2. Namibie – 1,3 million de personnes n’ont pas assez à manger.
3. Zambie – 5,5 millions de personnes dépendent de l’aide.
4. Malawi – Quatre millions de personnes sont en insécurité alimentaire.
5. Honduras – Plus de 50 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
6. Corée du Nord – 10,7 millions de personnes souffrent de sous-alimentation.
7. Angola – 2,6 millions de personnes — dont la moitié sont des enfants — sont dans le besoin.
8. Burundi – 1,2 million de personnes n’ont pas assez de nourriture.
9. Zimbabwe – Un enfant sur quatre de moins de cinq ans est malnutri.
10. Madagascar – Environ une personne sur sept dépend de l’aide humanitaire.
Thomas Kauffmann
Directeur National
kauffmann(at)care.lu