
Luxembourg, le 6 mars 2026
Depuis la matinée du 5 mars, les bombardements frappent massivement le sud du pays, déclenchant une escalade rapide de la violence et des déplacements de population d’une ampleur sans précédent.
L’armée israélienne a ordonné l’évacuation totale de toute la zone sud du pays ainsi que plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth. Pour Michael Adams, Directeur pays de CARE International au Liban : « la panique se propage à travers le Liban. Après plusieurs jours de fuite des habitants du sud du pays et un ordre d’évacuation massif et inédit pour toute la région sud ce matin, c’est désormais un tiers de Beyrouth, les zones les plus densément peuplées de la ville — environ 700 000 personnes — qui est placé sous ordre d’évacuation totale. Les maisons, les hôpitaux et les abris collectifs sont évacués aussi vite que possible. Les deux principales routes permettant de fuir sont totalement saturées. Les voitures avancent au ralenti. La situation est chaotique. Les gens ont peur, la panique s’installe.
Cela va augmenter de plusieurs centaines de milliers le nombre de personnes déplacées, alors que les conditions d’accueil pour ces familles et ces patients doivent être réorganisées dans tout le pays, notamment dans des régions déjà très pauvres. CARE a commencé à distribuer de l’eau ce matin à Beyrouth et nous nous préparons à une forte augmentation des besoins humanitaires. Nous appelons les parties au conflit à mettre fin à cette escalade dramatique et à protéger les civils. »
Le gouvernement libanais travaille actuellement à la coordination de l’aide afin d’adapter la réponse humanitaire à l’ampleur des besoins. Sur les 469 abris collectifs mis en place à date, 405 sont déjà complets. La situation change d’heure en heure. CARE est prête à contribuer à la réponse d’urgence à Beyrouth ainsi que dans les régions du nord et de l’est.
Pour Cyril Bassil, de CARE International au Liban : « Chaque frappe aérienne n’est pas seulement un nouveau danger : elle ravive aussi les traumatismes des conflits passés, notamment les guerres précédentes et l’explosion de Beyrouth. Même des déclencheurs mineurs, comme une porte qui claque, font sursauter les gens de peur et les replongent dans des souvenirs de violence et de pertes. L’impact psychologique s’aggrave rapidement, en particulier chez les enfants, les personnes âgées et celles déjà vulnérables. [...] Le coût humain, à la fois physique et psychologique, est immense. Avec mes collègues de CARE, nous sommes témoins de cette crise au quotidien. Les attaques ont laissé de profondes cicatrices émotionnelles et physiques et, sans un soutien humanitaire urgent, la souffrance des communautés libanaises ne fera que s’intensifier dans les jours et les semaines à venir. »
Réponse de CARE
CARE et ses six organisations partenaires locales mobilisent actuellement une réponse humanitaire pour venir en aide aux populations déplacées. L’intervention se concentre sur la distribution de nourriture, d’eau, de kits d’hygiène et d’autres articles essentiels aux personnes vivant dans des abris temporaires. Soutenez nos équipes au Liban en vous rendant sur www.care.lu
Appel de CARE
CARE appelle toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, notamment l’obligation de protéger les civils et les travailleurs humanitaires, et de permettre un accès humanitaire complet, sûr, immédiat et sans entrave aux populations affectées.
Pour plus d’information ou demande d’interview : contactez-nous au 26 20 30 61, ou par mail : Thomas Kauffmann, kauffmann@care.lu