Une mère tiens son enfant dans les bras en Somalie

Comment confiner la faim des enfants ?

Nous avons pu mettre notre vie sociale et notre économie en confinement. A l’heure actuelle, il est incertain si nous arrivons à faire barrage à la faim qui s’est glissée dans les maisons des familles les plus vulnérables.

Le nombre de personnes qui souffrent de faim, pourrait passer de 135 à 265 millions à cause du Coronavirus. L’ONU tire la sonnette d’alarme sur la « Pandémie de Faim » qui frappera les plus vulnérables. Nos collègues de CARE sur le terrain montrent l’impact net et cruel dans les régions en crise.

Pour la Somalie, avant Covid-19, le tableau était déjà sombre : sur 1 000 enfants nés, 112 ne vivront pas jusqu’à leur 5e anniversaire.

Si les marchés locaux, les distributions de nourriture et l‘aide médicale déjà insuffisants sont interrompus ou limités pendant trois mois, l’ONU s’attend à ce que 5 000 enfants meurent en plus. Pour 6 mois, ce chiffre accablant pourrait monter jusqu‘à 10 000 enfants supplémentaires. Une réduction conséquente de l‘aide et de l‘économie pendant 12 mois coûterait alors la vie de 20 000 enfants de moins de 5 ans.

Au Niger, le constat n‘est pas moins dévastateur : les dernières enquêtes avant Covid-19 ont montré que 83 000 enfants de moins de 5 ans sont morts en un an. Si l’aide et l’économie sont ralenties pendant 3 mois à cause du virus, jusqu’à 6 500 enfants en plus risquent de mourir. Sur 6 mois le nombre passerait à 11 700 et sur 12 mois il serait de 28 300 enfants morts en plus.

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Contre la faim et le virus, l’aide d’urgence de CARE a commencé

Deux travailleurs de santé examinent un enfant

Nous l’avions craint dès la déclaration du Coronavirus comme Pandémie. Aujourd’hui, la propagation de la Covid-19 dans les crises humanitaires est bien réelle : au Yémen, en Somalie, au Niger et dans beaucoup d’autres pays en crise des milliers de personnes tombent malade. En l’absence de services sanitaires et médicaux performants, le virus se propage pour la plupart sans que l’on s’en aperçoive. Les victimes s’ajoutent ainsi au décompte triste et cynique des crises déjà existantes.

« Nous nous attendons au pire. En raison de la peur de contracter le Coronavirus, les mères n‘emmènent pas leurs enfants dans des établissements de santé. Les enfants sévèrement malnutris ne sont donc plus dépistés. Par conséquent leur situation s’aggrave. S’ils ne reçoivent pas un soutien nutritionnel, cela risque d’entrainer des complications sévères. » Abdikadir Ore, Expert de Santé et Nutrition de CARE Somalie.

Pour y faire face, CARE lance des actions d‘urgence qui combattent la faim des enfants et des femmes enceintes. Elles s‘intègrent dans notre engagement à long terme qui renforce surtout les mères pour mieux protéger les familles de la prochaine crise.

 

« Un ménage qui n’avait pas tous les moyens avant la COVID-19 et qui a perdu tous ses moyens de subsistance, vit avec le minimum, et ce minimum peut être : rien du tout ! Cela crée une situation de malnutrition qui touche surtout les enfants. Mon appel à la communauté est que nous puissions trouver une solution qui permet aux ménages les plus vulnérables d’avoir quelque chose à donner à leurs enfants. Sinon, beaucoup d’enfants pourraient mourir, pas de COVID-19 mais de la malnutrition. » Ely Keita, directeur de CARE au Niger

 

« La plus grande préoccupation pour moi est de savoir comment allons-nous manger, d‘où proviendra la nourriture ? Mon mari travaillait en tant que porteur à la frontière et maintenant que la frontière est fermée, il ne peut plus travailler. Maintenant, nous avons du mal à nourrir nos enfants. » Rahina, 31 ans, vit avec ses 5 enfants à Zinder, Niger.


Identification, dépistage et orientation des cas de malnutrition sévère

Dans nos opérations au Niger, au Tchad et en Somalie, nos collaborateurs et les agents de santé formés par CARE entreprennent de grands efforts pour dépister et encadrer les enfants malnutris et leurs mères. Sous la pression de la crise COVID-19 cela implique souvent de faire des visites porte à porte pour éviter des rassemblements et protéger les enfants affaiblis. La méthode utilisée et la sérénité avec laquelle ils travaillent restent cependant inchangées pour faire face à la situation sérieuse.

1.  Dans un premier temps, les mères et les enfants seront examinés par des bénévoles de santé communautaire et des collaborateurs de CARE. S’ils souffrent de malnutrition, ils sont orientés vers une case de santé.

2. Lors de la deuxième étape, les cas référés sont soumis à des tests par un personnel qualifié.

En fonction du résultat des auscultations, les enfants et leurs mères sont orientés vers des centres, de santé ou intégré dans un programme thérapeutique ambulatoire ou un programme d’alimentation complémentaire ciblé.


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A travers le globe, les équipes de CARE ont adapté leur travail pour protéger les populations les plus vulnérables de la COVID-19. La plus grande partie de nos opérations essentielles pour assurer la survie des familles qui comptent sur nous, a pu continuer.

Mais nos collaborateurs au Niger, au Tchad et en Somalie lancent l‘alerte et les analyses de l‘ONU ne laissent pas de doutes : les premières victimes de la „Pandémie de Faim“ qui frappera ces pays dans les prochaines semaines, seront les enfants affaiblis.

C‘est à eux que nous pensons maintenant. Notre priorité dans les semaines et les mois à venir est d‘identifier et de venir en aide aux femmes enceintes et jeunes enfants malnutris.

Un jeune enfant malnutri mange de la pate thérapeutique

40 Euros

permettent de distribuer 25 rations de nourriture thérapeutique aux enfants mal nourris.

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Une mère avec trois de ses enfants au Niger

80 Euros

peuvent équiper une famille avec un couple de chèvres qui soutient les enfants malnutris, avec le lait, avant qu'ils n'atteignent un état grave.

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Deux agents de santé examinent un enfant en Somalie

200 Euros

permettent le travail d'un agent de santé pendant un mois. (Dépistage et encadrement des enfants sévèrement manl nourris). 

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