Pour les familles, toutes les alternatives sont effroyables.

Imaginons un instant que seules 100 personnes vivraient au Yémen. Alors 80 auraient besoin d’une aide d’urgence, 74 ne sauraient pas comment nourrir leur famille demain ou la semaine prochaine, la vie de 53 serait menacée par la faim et 43 des personnes qui ont besoin d’aide seraient des enfants. Mais au Yémen il n’y a pas 100 personnes, mais 24 millions.

Pour les familles touchées par des conflits violents, la crise du Coronavirus n‘est qu‘un fardeau supplémentaire qui les force à choisir entre deux alternatives désespérées : soit ils prennent le risque d‘attraper le virus en essayant de trouver de la nourriture pour leurs enfants soit ils doivent observer leurs enfants souffrir de faim.

Les familles qui ont échappés au génocide des Yézidis en iraq ou aux bombardements au Yémen et en Syrie sont toujours en fuite et se cachent depuis des années. L’isolation, la peur et la faim ne sont pas nouveaux pour eux. Ce qui change, c’est que le virus peut s’avérer fatal pour ces populations extrêmement vulnérables.

Il ne leur reste plus beaucoup d’options.

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L'aide d'urgence de CARE

Sauver des vies, offrir des alternatives et de l’espoir

A travers le globe, les collaborateurs de CARE ont comme ambition de venir en aide et d’offrir des alternatives positives à 10 pourcents des plus vulnérables dans les crises les plus dramatiques. Déjà avant la propagation de la CoviD-19, le besoin humanitaire n’a cessé d’augmenter, ce qui fait que pendant les derniers 12 mois nous n’avons atteint que 6 pourcents – 6,8 millions de personnes dans le plus grand besoin. Dans cette situation, les projets de CARE Luxembourg se concentrent sur les crises les plus délaissées par les donateurs et l’intérêt publique, comme par exemple le Yémen, l’Iraq et la Syrie.


Exemples de don


40 euros

 

permettent p.ex. de fournir des kits hygiène à 4 familles en Irak.

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75 euros

 

permettent p.ex. de transporter assez d’eau potable pour 1 500 personnes pendant un jour dans des camps au Yémen créés à la suite d’attaques sur des quartiers résidentiels.

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100 euros

 

permettent p.ex. à une famille yéménite de se nourrir pendant 1 mois.

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184 euros

 

permettent p.ex. d’approvisionner une crèche de CARE avec de la nourriture et des jouets pour encadrer 2 enfants réfugiés syriens pendant 1 an.

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Yémen: CARE est l‘une des rares organisations humanitaires encore actives aux Yémen dans les circonstances extrêmement difficiles. Nos équipes offrent un accès à l‘eau potable, des latrines, des kits d’hygiène et de la nourriture. CARE soutient également la protection et la santé des femmes et des filles. Tous les mois, CARE vient en aide à 1,3 millions de personnes. CARE Luxembourg y met en œuvre des projets depuis 2017 et aide les familles vulnérables (qui ont p.ex. un parent ou des enfants malades) avec des distributions de kits d’hygiène et de petits montants d’argent. Ainsi, les familles peuvent garder une certaine dignité en se rendant aux marchés pour acheter leurs produits. En même temps cela permet de soutenir l’économie locale. Nous distribuons également des kits d’hygiène, offrons un accès à de l’eau potable et informons les familles sur la façon de se protéger face aux maladies infectieuses.

Syrie: CARE fournit de l‘aide en Syrie depuis 2014 et a atteint jusqu’à présent plus de 5 millions de personnes. En collaboration avec des partenaires dans le nord-ouest de la Syrie, CARE répond à l‘intensification actuelle des hostilités en fournissant de l‘eau potable et des installations sanitaires ainsi que des soins de santé maternelle et reproductive. Nos équipes et partenaires distribuent de la nourriture, des colis d‘hygiène et pour bébés, des fournitures de cuisine et d’hiver. De plus, CARE est également présent dans les pays voisins de la Syrie qui accueillent les réfugiés. Ainsi, CARE Luxembourg soutient des projets qui améliorent les conditions de vie des réfugiés et aident à surmonter les traumatismes liés aux conflits. Entre-autre, nous avons mis en place des crèches dans des camps de réfugiés : cela permet aux enfants d’avoir un espace pour jouer et manger. Les mères ont ainsi le choix de travailler ou de faire des formations pour améliorer les revenus de leur famille ce qui leurs permet de nourrir et éduquer leurs enfants.

Iraq: En Iraq, CARE est présent dans les camps de réfugiés et réhabilite des points d’eau pour assurer un accès à de l’eau potable aux personnes déplacées. CARE distribue aussi des abris, des kits hygiène et des kits bébés. Dans les villes, CARE réhabilite et équipe les centres de santé mais forme aussi le personnel médical et notamment des sages-femmes. Enfin, pour améliorer les moyens de subsistance des familles, CARE offre des opportunités de formations et aide les familles à faire valoir leurs droits. CARE Luxembourg soutient ces activités depuis 2014. Le soutien luxembourgeois se concentre sur la protection et la santé des femmes, des filles et des nouveau-nés. Actuellement notre priorité est de protéger le personnel de santé de la CoviD-19 et nous assurons l’encadrement des yézidis qui retournent dans leurs villages natals.


Deux chemins différents

Abdulhakim Al-Ansi, jeune collaborateur de CARE au Yémen décrit son quotidien

Il était 16 heures et j’allais rester tard au bureau. Mon téléphone était en mode silencieux, quand je l‘ai retourné, j‘ai vu de nombreux appels manqués et un message m‘indiquant qu’un raid aérien avait frappé près de ma maison. Le plus terrifiant était de penser que j‘allais peut-être apprendre la nouvelle du décès d’un de mes parents ou de l’un de mes frères et sœurs.

D’où je me trouve, ici au Yémen, j‘ai pensé que ma famille deviendrait juste une autre des nombreuses histoires de guerre misérables dont le monde ne semble pas se soucier. Des milliers de personnes sont mortes depuis le début du conflit en mars 2015, et bien que ces morts soient dues à de nombreuses raisons différentes, la guerre était au cœur de chacune d‘entre elles.

Qui mourra le premier ?

Ma dernière visite de terrain était au camp d‘Altahseen pour les personnes déplacées. Ce camp accueille plus d‘une centaine de familles qui ont fui leur chez-soi. Imaginez-vous devoir vivre dans une petite tente que le vent glacial traverse d’un bout à l’autre. Pas de nourriture, pas de vêtements, et rien pour subvenir aux besoins de votre famille. Chaque jour, vous devez ramasser des cartons dans les ordures pour les brûler devant votre tente afin de la réchauffer.

En regardant vos enfants vous pouvez clairement voir la couleur de leurs cheveux s‘estomper et, dû à la malnutrition, vous voyez leurs petits os se dessiner distinctement contre leur peau. A ce moment, vous réalisez à quel point vous êtes impuissants, et la seule question qui vous traverse l’esprit est de savoir qui mourra le premier et qui survivra.

Deux chemins vers la mort

Je n’exagère pas, voilà à quel point les gens que je rencontre sont désespérés. Lorsque vous vous rendez sur le terrain, mission après mission vous êtes constamment choqués comme si c‘était la première fois. Cela fait mal chaque fois que vous vous souvenez de la façon dont quelqu‘un vous a raconté son histoire, en espérant que vous puissiez l‘aider.

Plus cette guerre se prolonge, plus les gens deviennent vulnérables. Pour les organisations humanitaires comme CARE il est de plus en plus difficile de réagir à la hauteur des besoins.

En regardant les photos que j‘ai prises de ma maison après le raid aérien et de mon voyage au camp, j‘ai réalisé quelque chose : la guerre au Yémen offre deux façons différentes de mettre fin à votre vie. La première est d‘être à la maison avec vos proches, et de vous faire tuer rapidement par un raid aérien.

La seconde est de regarder votre famille mourir lentement de faim dans une petite tente loin de chez vous. Et au fil du temps, vous acceptez de plus en plus l‘idée de la mort et de ces deux chemins qui font partie de la vie en ces temps de guerre.

C‘est ce que nous vivons au Yémen actuellement, que vous soyez un travailleur humanitaire ou un bénéficiaire de l‘aide humanitaire. Il est temps que le reste du monde prête attention au Yémen.